Le Poker : Effet de mode ou déferlante ?
Avec des règles relativement simples à assimiler, le ÂHold’em a effectué une percée que personne n’attendait vraiment. On estime déjà à 500 000 le nombre de joueurs réguliers en France. Un chiffre qui pourrait atteindre deux millions de joueur de poker d’ici à 2008. Du coup, le poker est devenu un jeu - certains disent un sport - branché avec ses codes, ses lieux et bien sûr ses stars, au premier rang desquelles Patrick Bruel. Notre chanteur acteur national est sans conteste le chef de file des joueurs français depuis son titre de champion du monde de poker remporté à Las Vegas en 1998. Mais, derrière lui, c’est toute une nouvelle génération de joueurs qui, entre 25 et 35 ans, se presse dans les poker rooms.
Depuis 2002, le poker  dans sa version dite du Texas Hold’em s’est imposé comme une mode mondiale, en partant des Etats-Unis. C’est par la Toile que la planète a attrapé le virus. Le développement des sites de jeu a permis de toucher le plus grand nombre, le poker supplantant parfois le jeu vidéo chez les jeunes. Poker virtuel et monde des casinos se sont ensuite rejoints, quand les tournois organisés sur le Net ont permis de se qualifier pour les plus gros événements de Las Vegas.
En 2003, un conte de fées à l’américaine a permis de célébrer cette union : Chris Moneymaker, un comptable du Tennessee, a remporté la principale épreuve du WSOP (empochant 2,5 millions de dollars) après s’être qualifié sur l’Internet moyennant un ticket d’entrée de 40 dollars. Moneymaker, au nom prédestiné («faiseur d’argent»), est devenu une célébrité outre-Atlantique, et une pub vivante pour l’industrie du jeu en ligne : la preuve que la fortune peut être au bout du tapis pour le quidam. C’est à cette période que les télés ont commencé à retransmettre des finales des gros tournois parfaitement mises en scène, fabriquant et popularisant des stars du jeu.
Aux Etats-Unis, les meilleurs joueurs, comme Phil Ivey ou Doyle Brunson, sont les nouveaux people. Avec ce supplément d’âme qu’on prête à ceux qui sont capables de risquer leur chemise sur un coup de bluff. Plusieurs chaînes de télé diffusent du poker en continu. La dernière émission à la mode : High Stakes («Gros enjeux») : des parties d’argent où se perdent et se gagnent des montants colossaux.
Mais le baromètre de la folie planétaire, c’est le main Event de Las Vegas, le plus gros tournoi du WSOP. Depuis trois ans, le nombre de participants (10 000 dollars les droits d’entrée) grimpe en flèche, comme les gains. La dernière édition a rassemblé 9 000 joueurs, dont une bonne part venue de l’Internet. Le vainqueur est reparti avec 12 millions de dollars. En spectateur et acteur privilégié, Bruel n’a rien raté de cette inflation, jusqu’à ce que l’idée lui vienne de l’importer dans l’Hexagone.
Au poker, La chance est omniprésente, mais elle n’est pas tout. Elle joue un rôle prépondérant sur le court terme, mais devient un élément neutre sur le long terme. Tout le monde peut battre tout le monde sur un coup, mais sur une année, ce sont toujours les meilleurs qui s’en sortent. Au poker, on se bat d’abord contre des adversaires. La chance fait partie du jeu, comme la pluie ou le vent peut modifier la donne au golf par exemple. La plupart des grands joueurs ne se focalisent jamais la-dessus. La malchance sert d’excuses aux joueurs plus faibles. L’esprit humain a toujours tendance à se focaliser sur la malchance, et oublie plus facilement les coups de chance.
